Actuellement

La police de l'intérieur

Claude Lanchois

Privilège Or
Or
Je me permets de compléter mon précédent message, parce qu’entre-temps j’ai vraiment beaucoup joué policier. Je suis actuellement brigadier et j’ai enchaîné pas mal d’heures de service, donc mon ressenti a un peu évolué : aujourd’hui, je vois aussi le problème de l’intérieur. Et franchement, je suis forcé de constater qu’il y a quand même pas mal de choses qui posent problème dans la manière dont certains jouent la police.

Déjà, le respect de la hiérarchie est parfois très approximatif. Il y a des ordres qui sont donnés, des consignes de commandement, et malgré ça certains font un peu ce qu’ils veulent, partent seuls, prennent des initiatives sans prévenir ou ignorent complètement les grades supérieurs. Du coup, en intervention, ça devient vite brouillon parce que tout le monde décide en même temps.

Même chose pour la radio vocale. Elle est souvent complètement polluée. Des gens parlent pour rien, se coupent, donnent des informations incomplètes, oublient de préciser où ils sont, dans quelle direction part un véhicule, combien il y a d’individus, s’ils sont armés, etc. Et après on se retrouve avec dix policiers qui arrivent sur une scène sans vraiment savoir ce qu’il se passe.

Je vois aussi beaucoup de comportements très “cow-boy”. Arme sortie très vite, braquage immédiat, sommations à tout-va, alors que parfois la situation pourrait simplement être gérée en parlant. Évidemment qu’il y a des moments où le dialogue n’est plus possible et où il faut agir rapidement. Mais j’ai aussi vécu pas mal de situations où quelques secondes de discussion auraient permis de faire une scène beaucoup plus propre et intéressante.

Et c’est vraiment ça que je voulais dire dans mon premier message : prioriser les actions RP quand la situation le permet. Un contrôle, une infraction, une personne un peu agitée, ça peut créer une scène. Ça ne doit pas forcément devenir immédiatement “arme → menottes → amende → prison”.

Il y a aussi tout ce qui concerne la conduite. Je vois régulièrement des policiers rouler n’importe comment alors qu’ils ne sont absolument pas en intervention : vitesse excessive, trajectoires dangereuses, conduite comme si les gyrophares étaient une excuse permanente… alors qu’on est justement censés faire respecter le code de la route.

Et au final, après avoir beaucoup joué le métier, je pense que le problème n’est même pas forcément le règlement en lui-même. Les règles existent déjà pour beaucoup de choses. Le souci, c’est plutôt leur application et surtout la culture de jeu autour du métier.

Pour moi, un bon policier sur le serveur, ce n’est pas seulement quelqu’un qui sait tirer, arrêter ou verbaliser. C’est quelqu’un qui sait communiquer, respecter une hiérarchie, donner de bonnes informations radio, garder son calme, comprendre une scène avant d’intervenir, et surtout créer du RP avec les autres joueurs.

Je précise encore une fois que je ne mets évidemment pas tous les policiers dans le même panier. J’ai joué avec des gens vraiment très bons, qui savent commander, négocier, laisser parler les gens et construire des interventions intéressantes. Mais justement, ça montre aussi que quand c’est bien joué, le métier peut être vraiment excellent.

Je dis ça sans prétention, je suis loin d’être parfait moi-même et je continue d’apprendre. Mais avec toutes les heures que j’ai maintenant passées en service, je pense vraiment qu’il y aurait quelque chose à travailler autour du respect de la hiérarchie, de l’utilisation de la radio, de la conduite et surtout de la manière d’aborder les interactions avec les citoyens. Parce qu’au final, le but ne devrait pas être de “gagner” l’intervention. Le but devrait être que tout le monde en ressorte avec une scène intéressante à jouer
 
Bonjour Claude !

C'est très intéressant de lire l'avis d'un joueur, ils sont si rares que je me permets donc d'y répondre. Je trouve que ton avis est assez représentatif de la réalité, je le rejoins en tout point.

Les soucis que tu relèves ne sont malheureusement pas récents et datent de plusieurs années. Selon moi, il y a plusieurs explications possibles. La première est le renouvellement constant des joueurs. Mis à part quelques joueurs fidèles à l'uniforme, les effectifs sont nouveaux chaque jour, ce qui rend la formation difficile, car c'est autant de nouveaux joueurs qu'il faudrait former tous les jours. Pour l'avoir essayé, c'est un travail titanesque. La seconde raison qui pourrait justifier ces lacunes est l'âge de la communauté. Il faut composer avec des joueurs souvent jeunes, voire très jeunes, ce qui peut naturellement se ressentir sur le sérieux, la maturité et la manière d'aborder le roleplay. Cela ne concerne évidemment pas tout le monde, et il ne faut pas oublier que nous sommes tous passés par là. Néanmoins, cela implique un besoin d'encadrement et de formation d'autant plus important.

Je trouve également qu'il y a une forte volonté de fuir le roleplay en tant que policier. Pourtant, énormément d'opportunités s'offrent à nous quand on patrouille. Un véhicule mal garé pourrait faire l'office d'un contrôle d'identité, de plaque ou autre. On pourrait même utiliser l'ordinateur de police pour faire ces vérifications. Également, les incendies, comme le dit Kyle, passé un temps, dès qu'un incendie était déclaré, systématiquement une voire deux patrouilles étaient mobilisées pour baliser, évacuer et faire la circulation afin de faciliter l'accès aux pompiers. Aujourd'hui, il arrive que des patrouilles passent à côté d'un incendie sans même solliciter les pompiers. Pourtant, ce genre de situation représente une occasion supplémentaire de créer des interactions, de coordonner les différents services et de donner une véritable utilité aux patrouilles en dehors des interventions classiques.

Avec Kyle, nous avons tout essayé pour la police. Nous avons été deux fois commandants de police, et Kyle était également passé un moment commissaire. Nous avions mis en place une antenne RAID qui s'entraînait chaque samedi après-midi. Nous avions réussi à constituer un groupe de joueurs formés, motivés et efficaces sur le terrain. Malheureusement, comme pour les formations, cela représentait un travail titanesque que nous ne pouvions pas maintenir sur la durée. Avec le temps, le manque de disponibilité et la perte de motivation ont fini par nous empêcher de mener l'ensemble de nos projets à terme. Cela montre bien qu'il ne suffit pas d'avoir de bonnes idées ou de réussir à constituer un groupe efficace, il faut également pouvoir assurer un suivi régulier pour que ces initiatives perdurent.

Les commandants ont toutes les clés en main et je ne voudrais pas m'attirer les foudres (je leur avais également déjà transmis, dans un cadre privé, mon avis les concernant en toute transparence donc ce que je vais dire là ne constitue pas des reproches dans leur dos), mais parfois, je trouve qu'il manque également, au niveau du commandement, une véritable réflexion stratégique, une écoute suffisante des agents et une certaine clarté dans les consignes données. Je ne dis pas que les commandants ne font pas d'efforts, ni qu'ils sont responsables de tous les problèmes évoqués, mais leur rôle implique aussi de savoir anticiper, structurer une intervention et transmettre des instructions compréhensibles par tous. À titre d'exemple, je peux parler des « Prenez des positions [stratégiques] », qui sont bien souvent répétées lors de situations tendues. Le problème, c'est que cette consigne, aussi pertinente soit-elle sur le principe, reste trop vague pour quelqu'un qui joue rarement policier ou qui débute. Chacun peut avoir sa propre interprétation d'une « position stratégique ». Il serait donc préférable d'indiquer plus concrètement les attentes comme sécuriser une entrée, couvrir une sortie, protéger un angle ou empêcher une fuite, par exemple. Le but n'est pas de dicter chaque mouvement, mais de donner suffisamment d'informations pour que chacun comprenne son rôle et puisse agir de manière cohérente avec le reste de l'équipe. Selon moi, les instructions d'un hiérarchique se doivent d'être claires et concises afin d'assurer leur compréhension. Je trouve également que, dans les interventions, les commandants ne laissent que très peu, voire pas, de temps pour établir/expliquer une stratégie d'attaque/de défense en fonction des circonstances. Il arrive également que des négociateurs soient envoyés alors que le dispositif n'est pas encore organisé, qu'aucune équipe ne soit clairement positionnée en cas d'échec des négociations ou que le périmètre ne soit pas encore complètement établi. Or, négocier et préparer une éventuelle intervention ne sont pas deux étapes qui doivent nécessairement s'exclure, elles peuvent être menées en parallèle, à condition que chacun connaisse son rôle et que la situation soit suffisamment encadrée.

Il me semble également important de rappeler que la manière de jouer des responsables (Commandants, capitaines, éventuellement lieutenant) influence nécessairement celle des agents. On peut difficilement demander aux policiers de prendre le temps de communiquer, de réfléchir avant d'agir et de construire des interventions cohérentes si, dans certaines situations, l'exemple donné par la hiérarchie ne reflète pas ces mêmes exigences. Le commandement/la formation ne consiste pas seulement à donner des ordres, mais aussi à transmettre une manière de travailler et une certaine vision du métier.

Enfin, je pense qu'il faut garder à l'esprit que l'objectif d'une intervention ne devrait pas être uniquement son issue, mais également tout ce qui se construit autour. Une intervention réussie ne se résume pas nécessairement à une arrestation rapide ou à une situation maîtrisée en quelques minutes. Elle peut aussi être réussie parce que les joueurs ont pris le temps de communiquer, de négocier, de coordonner leurs actions et de proposer une scène intéressante à toutes les personnes impliquées. C'est cette dimension qui, selon moi, permet de faire la différence entre une simple succession d'actions et une véritable expérience.

En bref, la police et son commandement disposent déjà de nombreux moyens pour proposer des actions intéressantes et des interactions de qualité. Pourtant, ces possibilités restent trop souvent sous-exploitées, que ce soit par manque d'habitude, de formation, d'organisation ou parfois d'investissement. Il ne s'agit pas nécessairement d'un manque de volonté généralisé, mais plutôt d'une culture de jeu qui pourrait, selon moi, être davantage tournée vers la création d'interactions et la qualité du roleplay.

Pour finir, cet avis ne regarde que moi et apporte une critique sur l'organisation, dans la théorie et la pratique. N'y voyez aucune attaque, aucun dénigrement ou autre, j'essaie d'apporter ici mon avis en toute transparence.
 
Bonjour Claude !

C'est très intéressant de lire l'avis d'un joueur, ils sont si rares que je me permets donc d'y répondre. Je trouve que ton avis est assez représentatif de la réalité, je le rejoins en tout point.

Les soucis que tu relèves ne sont malheureusement pas récents et datent de plusieurs années. Selon moi, il y a plusieurs explications possibles. La première est le renouvellement constant des joueurs. Mis à part quelques joueurs fidèles à l'uniforme, les effectifs sont nouveaux chaque jour, ce qui rend la formation difficile, car c'est autant de nouveaux joueurs qu'il faudrait former tous les jours. Pour l'avoir essayé, c'est un travail titanesque. La seconde raison qui pourrait justifier ces lacunes est l'âge de la communauté. Il faut composer avec des joueurs souvent jeunes, voire très jeunes, ce qui peut naturellement se ressentir sur le sérieux, la maturité et la manière d'aborder le roleplay. Cela ne concerne évidemment pas tout le monde, et il ne faut pas oublier que nous sommes tous passés par là. Néanmoins, cela implique un besoin d'encadrement et de formation d'autant plus important.

Je trouve également qu'il y a une forte volonté de fuir le roleplay en tant que policier. Pourtant, énormément d'opportunités s'offrent à nous quand on patrouille. Un véhicule mal garé pourrait faire l'office d'un contrôle d'identité, de plaque ou autre. On pourrait même utiliser l'ordinateur de police pour faire ces vérifications. Également, les incendies, comme le dit Kyle, passé un temps, dès qu'un incendie était déclaré, systématiquement une voire deux patrouilles étaient mobilisées pour baliser, évacuer et faire la circulation afin de faciliter l'accès aux pompiers. Aujourd'hui, il arrive que des patrouilles passent à côté d'un incendie sans même solliciter les pompiers. Pourtant, ce genre de situation représente une occasion supplémentaire de créer des interactions, de coordonner les différents services et de donner une véritable utilité aux patrouilles en dehors des interventions classiques.

Avec Kyle, nous avons tout essayé pour la police. Nous avons été deux fois commandants de police, et Kyle était également passé un moment commissaire. Nous avions mis en place une antenne RAID qui s'entraînait chaque samedi après-midi. Nous avions réussi à constituer un groupe de joueurs formés, motivés et efficaces sur le terrain. Malheureusement, comme pour les formations, cela représentait un travail titanesque que nous ne pouvions pas maintenir sur la durée. Avec le temps, le manque de disponibilité et la perte de motivation ont fini par nous empêcher de mener l'ensemble de nos projets à terme. Cela montre bien qu'il ne suffit pas d'avoir de bonnes idées ou de réussir à constituer un groupe efficace, il faut également pouvoir assurer un suivi régulier pour que ces initiatives perdurent.

Les commandants ont toutes les clés en main et je ne voudrais pas m'attirer les foudres (je leur avais également déjà transmis, dans un cadre privé, mon avis les concernant en toute transparence donc ce que je vais dire là ne constitue pas des reproches dans leur dos), mais parfois, je trouve qu'il manque également, au niveau du commandement, une véritable réflexion stratégique, une écoute suffisante des agents et une certaine clarté dans les consignes données. Je ne dis pas que les commandants ne font pas d'efforts, ni qu'ils sont responsables de tous les problèmes évoqués, mais leur rôle implique aussi de savoir anticiper, structurer une intervention et transmettre des instructions compréhensibles par tous. À titre d'exemple, je peux parler des « Prenez des positions [stratégiques] », qui sont bien souvent répétées lors de situations tendues. Le problème, c'est que cette consigne, aussi pertinente soit-elle sur le principe, reste trop vague pour quelqu'un qui joue rarement policier ou qui débute. Chacun peut avoir sa propre interprétation d'une « position stratégique ». Il serait donc préférable d'indiquer plus concrètement les attentes comme sécuriser une entrée, couvrir une sortie, protéger un angle ou empêcher une fuite, par exemple. Le but n'est pas de dicter chaque mouvement, mais de donner suffisamment d'informations pour que chacun comprenne son rôle et puisse agir de manière cohérente avec le reste de l'équipe. Selon moi, les instructions d'un hiérarchique se doivent d'être claires et concises afin d'assurer leur compréhension. Je trouve également que, dans les interventions, les commandants ne laissent que très peu, voire pas, de temps pour établir/expliquer une stratégie d'attaque/de défense en fonction des circonstances. Il arrive également que des négociateurs soient envoyés alors que le dispositif n'est pas encore organisé, qu'aucune équipe ne soit clairement positionnée en cas d'échec des négociations ou que le périmètre ne soit pas encore complètement établi. Or, négocier et préparer une éventuelle intervention ne sont pas deux étapes qui doivent nécessairement s'exclure, elles peuvent être menées en parallèle, à condition que chacun connaisse son rôle et que la situation soit suffisamment encadrée.

Il me semble également important de rappeler que la manière de jouer des responsables (Commandants, capitaines, éventuellement lieutenant) influence nécessairement celle des agents. On peut difficilement demander aux policiers de prendre le temps de communiquer, de réfléchir avant d'agir et de construire des interventions cohérentes si, dans certaines situations, l'exemple donné par la hiérarchie ne reflète pas ces mêmes exigences. Le commandement/la formation ne consiste pas seulement à donner des ordres, mais aussi à transmettre une manière de travailler et une certaine vision du métier.

Enfin, je pense qu'il faut garder à l'esprit que l'objectif d'une intervention ne devrait pas être uniquement son issue, mais également tout ce qui se construit autour. Une intervention réussie ne se résume pas nécessairement à une arrestation rapide ou à une situation maîtrisée en quelques minutes. Elle peut aussi être réussie parce que les joueurs ont pris le temps de communiquer, de négocier, de coordonner leurs actions et de proposer une scène intéressante à toutes les personnes impliquées. C'est cette dimension qui, selon moi, permet de faire la différence entre une simple succession d'actions et une véritable expérience.

En bref, la police et son commandement disposent déjà de nombreux moyens pour proposer des actions intéressantes et des interactions de qualité. Pourtant, ces possibilités restent trop souvent sous-exploitées, que ce soit par manque d'habitude, de formation, d'organisation ou parfois d'investissement. Il ne s'agit pas nécessairement d'un manque de volonté généralisé, mais plutôt d'une culture de jeu qui pourrait, selon moi, être davantage tournée vers la création d'interactions et la qualité du roleplay.

Pour finir, cet avis ne regarde que moi et apporte une critique sur l'organisation, dans la théorie et la pratique. N'y voyez aucune attaque, aucun dénigrement ou autre, j'essaie d'apporter ici mon avis en toute transparence.
Au départ, mon constat venait surtout de ce que je vivais en tant que citoyen / maire / avocat face à certaines interventions. Maintenant, en étant dans les effectifs, je retrouve exactement les mêmes difficultés, mais sous un autre angle. Je te rejoins complètement sur le renouvellement permanent des joueurs. On le voit très vite : parfois tu prends ton service et tu as une équipe qui fonctionne plutôt bien, avec des gens qui communiquent, respectent les grades et comprennent ce qu’ils doivent faire. Et une heure après, tu peux te retrouver avec une radio complètement saturée, des gens qui partent chacun dans leur direction et plus vraiment de cohérence d’ensemble. Forcément, former tout le monde en permanence, c’est quasiment impossible à tenir dans le temps.

Là où je te rejoins encore plus, c’est sur cette espèce de fuite du RP. Depuis que je joue policier, je me rends compte qu’il y a énormément de petites situations qui pourraient être exploitées. Un véhicule mal garé, un accident, un incendie, une altercation, quelqu’un qui vient simplement demander de l’aide au commissariat… Tout ça peut créer du jeu sans forcément attendre qu’il y ait un braquage, une fusillade ou une prise d’otage. Et je trouve que c’est peut-être là que se situe une partie du problème : parfois, certains joueurs ont l’impression que “jouer policier”, c’est surtout attendre l’action. Alors qu’en réalité, le métier peut être intéressant justement dans tout ce qui existe entre deux grosses interventions.

Sur la hiérarchie aussi, je partage beaucoup ton constat. J’ai assisté à plusieurs interventions où le problème n’était même pas forcément la mauvaise volonté des agents, mais simplement le fait qu’il n’y avait pas de consigne claire. “Prenez des positions stratégiques”, typiquement, c’est exactement le genre de phrase qui peut vouloir tout et rien dire selon la personne qui l’entend. Quand tu débutes ou que tu connais mal la map, une consigne du style “toi entrée principale”, “vous deux sortie arrière”, “toi tu restes avec le négociateur”, ça change complètement la compréhension de l’intervention. Et au contraire, quand les ordres restent trop vagues, chacun interprète, chacun bouge, la radio se remplit et au final tout devient brouillon. Je pense aussi qu’il y a un vrai truc à travailler autour de la radio. Pour moi c’est devenu l’un des points les plus importants depuis que je joue régulièrement policier. Il y a énormément d’informations qui passent mal : localisation inexistante, description incomplète, tout le monde parle en même temps, certains racontent leur vie dessus… et forcément, quand une intervention sérieuse commence, plus personne ne comprend rien.

Sur les négociations, je te rejoins aussi complètement. J’ai parfois cette impression qu’on envoie un négociateur presque comme une formalité, alors qu’en parallèle le reste du dispositif n’est même pas encore prêt. Pour moi, pendant qu’un négociateur parle, il devrait justement se passer énormément de choses derrière : périmètre, répartition des rôles, surveillance des sorties, préparation d’une éventuelle intervention, transmission des informations, etc.

Et je trouve important aussi ce que tu dis sur l’exemple donné par les gradés. Je le constate de plus en plus : la manière dont un supérieur joue finit forcément par influencer les autres. Si le commandement prend le temps de parler, de structurer, de rester calme et d’expliquer ce qu’il attend, les agents suivent généralement beaucoup mieux. À l’inverse, si ça part immédiatement dans tous les sens, les joueurs en dessous reproduisent exactement la même chose.

Après, je précise quand même que je dis tout ça avec beaucoup d’humilité. Je suis loin de tout connaître, je fais sûrement moi-même des erreurs et ça ne fait pas des années que je joue policier. Mais justement, en quelques dizaines d’heures de service, certains problèmes deviennent déjà très visibles.

Et au fond, je pense qu’on arrive exactement à la même conclusion : il y a déjà énormément d’outils, de règles et de possibilités pour faire quelque chose de vraiment intéressant avec la police. Le problème n’est pas forcément de rajouter encore des mécaniques, mais plutôt de réussir à installer une culture de jeu où on valorise davantage la communication, la cohérence, le respect de la hiérarchie et la construction des scènes. Parce que comme tu le dis très bien, une intervention réussie ce n’est pas forcément celle où tout le monde est arrêté en deux minutes. Une négociation qui dure, une interpellation bien construite, une enquête, une coordination police/pompiers/médecins ou même un contrôle routier bien joué peuvent parfois être beaucoup plus intéressants qu’une fusillade gagnée.

En tout cas merci pour ton retour, parce qu’il complète vraiment bien mon ressenti et surtout il montre que ce constat ne date visiblement pas d’hier. Ça me conforte dans l’idée qu’il y aurait peut-être quelque chose à réfléchir collectivement autour de la formation et surtout de la manière dont on donne envie aux nouveaux policiers de jouer leur métier autrement que comme une succession d’interventions.
 
Hello ! J'ai pris le temps de lire vos avis et je me permet de vous donner mon avis du côté Commandant.

En effet, je suis d'accord avec le point "Intervention brouillon". Je te l'accorde, à certains moments c'est vraiment moche les interventions proposées. Je suis aussi d'accord sur le point de Julien quand tu dis qu'on devrait favorisé les scènes roleplay à la victoire. Mais la ou ça coince, c'est qu'en face, ils ne recherchent pas le roleplay (Majoritairement), notamment dans les résidences ou tout les lieux de production. Eux ce qu'ils recherchent, c'est la victoire sur leurs biens.

Etant donné que je joue énormément policer que braqueur, voici ce que j'ai constaté

Du côté police, j'essaie de proposer de jolies scènes en posant des snipers cachés, mettant une colonne d'assaut prête a intervenir, même sans que ces dispositifs ont a intervenir, juste de moyen qu'au lieu de rester au périmètre à compter les oiseaux qui volent, ont la un rôle intéressant.

Du côté braqueur, c'est joué de manière trop 1er degré, pour eux, ces snipers posés, ces colonnes d'assauts VONT intervenir, alors qu'avec simplement un dialogue, cette histoire est réglé.

En tout cas, merci de votre retour, j'en prendrai part et je vais essayer de régler ces soucis.

Merci.
 
Hello!

En tant que Commandant, je me permets de répondre à cette discussion et de donner mon avis personnel sur la situation, sans prétention et sans chercher à contredire qui que ce soit.

Pour reprendre la réponse de Julien et kyle , je trouve qu'il faut se dire que le passé c'est le passé et qu'il faut arrêter de comparer en permanence. C’est toujours enrichissant de rappeler ce qui a été tenté autrefois, mais on ne reviendra jamais à cette époque. Si ces méthodes ont pris fin, c'est qu'il y avait une raison ( ici, le temps colossale que cela prenait ). Le serveur évolue, les joueurs changent, et il faut penser avec la réalité d'aujourd'hui plutôt que de vouloir avoir les mêmes résultat qu'il y a plusieurs années.

Concernant le déroulement des interventions et l'envie "de la gagne", je rejoins complètement Steven sur un point essentiel, le RP se joue dans les deux camps . Claude, tu parles du manque de dialogue et de "cow-boy" , mais il faut aussi être réaliste. Comme le soulignait Steven, la majorité des joueurs en face, notamment sur les zones de production et les résidences, recherchent uniquement la victoire et la protection de leurs biens, et non le RP ( pour la grande majorité). Quand le camp adverse est 100 % premier degré, qu'il refuse le dialogue ou qu'il considère la moindre mise en place stratégique, comme une attaque imminente, c'est très difficile pour un policier d'imposer une scène dialoguée. Néanmoins, je suis d'accord avec toi Claude sur le fait que hors "grosses interventions armées", sur du simple RP patrouille avec des contrôles, des véhicules mal garés, la présence sur un incendie pour sécuriser la zone et appeler les pompiers ou l'accueil au commissariat, il y a un énorme potentiel de jeu qu'on doit réexploiter au lieu de simplement attendre une "action".

Pour revenir sur ce que tu disais Claude concernant les consignes hiérarchiques et les « positions stratégiques », en tant que Commandant, j'essaie personnellement d'être le plus clair possible sur le terrain. Quand je reconnais un joueur que je vois souvent et dont je connais bien les capacités, il m'arrive de le laisser prendre sa propre position stratégique tout en lui faisant part de l'objectif final parce que ça repose sur une relation de confiance. En revanche, dès que je vois un agent nouveau ou en difficulté, j'essaie vraiment de l'aider, de le driver, de lui donner une position précise et de lui expliquer exactement ce qu'il devrait faire.

Au niveau des plans et des tactiques, il ne faut pas oublier non plus que nous aussi, les Commandants, sommes soumis à la nouvelle map. Il nous faut donc un minimum de temps pour prendre nos marques, comprendre les accès et établir de bonnes stratégies sur les nouveaux bâtiments, ce qui passe forcément par des échecs ou des tâtonnements lors de nos premiers essais. Pour ma part, mon rôle en tant que Commandant est avant tout de faire kiffer les agents et non pas de gagner toutes mes interventions. Je préfère mille fois une action bien RP, drôle, amusante mais perdue, plutôt qu'une action stricte, sans aucun amusement et gagnée.

Sur le point des négociations soulevé par Claude, qui disait avoir l'impression qu'on envoie un négociateur comme "une simple formalité" sans que le reste ne soit prêt derrière, je tiens à rappeler que dans la logique des choses, en tout cas quand je suis en service, on établit toujours d'abord le périmètre et on fait le tour de la zone avant même d'entamer la moindre négociation. Les choses doivent être faites dans l'ordre pour que le plan soit solide dès le départ.

Pour ce qui est des formations, j'essaye de faire ma part du job et la preuve en est avec la Formation Réflexe que j'ai mise en place. Mais il ne faut pas oublier un truc essentiel, une formation, ça demande avant tout une implication de la part des agents eux-mêmes. Même si certains sont volontaires, et je trouve d'ailleurs que ce nombre reste bien trop faible, ça rejoint ce que disait Julien sur l'âge moyen des joueurs et le flux constant de nouveaux. Beaucoup viennent sur le serveur simplement pour se détendre après leur journée, sans forcément avoir l'envie de s'embêter avec une formation approfondie. Ça peut totalement se comprendre, mais du coup, ça limite forcément l'impact global.

De plus, les agents ne devraient vraiment pas hésiter à faire des critiques constructives ou des retours aux Commandants après les interventions. En tout cas en ce qui me concerne, je suis toujours content de recevoir une critique constructive ou le retour d'un agent sur une intervention, cela me permet d'apprendre, de m'améliorer et de revoir certains aspects de mon leading.

De mon côté, j'essaie de faire mon maximum pour aider les agents et gérer mon rôle au mieux. Je donne ce que je peux et je prends le temps que je peux. J'essaie également de créer un maximum de belle scène RP lorsque j'en ai l'occasion. Ces temps-ci, ma vie perso ne me permet pas de taper des services tous les jours, donc mon activité en jeu a pu diminuer, mais je fais au mieux avec le temps dont je dispose. En tout cas, sachez que je suis et serai toujours disponible pour n'importe quelle personne qui souhaite discuter, poser des questions sur la police ou chercher à s'améliorer.

Merci encore pour cette discussion et les éléments que vous avez pu apporter, ce genre de discussion ne peut faire que avancer la police dans le bon sens !

Cordialement,
 
Hello!

En tant que Commandant, je me permets de répondre à cette discussion et de donner mon avis personnel sur la situation, sans prétention et sans chercher à contredire qui que ce soit.

Pour reprendre la réponse de Julien et kyle , je trouve qu'il faut se dire que le passé c'est le passé et qu'il faut arrêter de comparer en permanence. C’est toujours enrichissant de rappeler ce qui a été tenté autrefois, mais on ne reviendra jamais à cette époque. Si ces méthodes ont pris fin, c'est qu'il y avait une raison ( ici, le temps colossale que cela prenait ). Le serveur évolue, les joueurs changent, et il faut penser avec la réalité d'aujourd'hui plutôt que de vouloir avoir les mêmes résultat qu'il y a plusieurs années.

Concernant le déroulement des interventions et l'envie "de la gagne", je rejoins complètement Steven sur un point essentiel, le RP se joue dans les deux camps . Claude, tu parles du manque de dialogue et de "cow-boy" , mais il faut aussi être réaliste. Comme le soulignait Steven, la majorité des joueurs en face, notamment sur les zones de production et les résidences, recherchent uniquement la victoire et la protection de leurs biens, et non le RP ( pour la grande majorité). Quand le camp adverse est 100 % premier degré, qu'il refuse le dialogue ou qu'il considère la moindre mise en place stratégique, comme une attaque imminente, c'est très difficile pour un policier d'imposer une scène dialoguée. Néanmoins, je suis d'accord avec toi Claude sur le fait que hors "grosses interventions armées", sur du simple RP patrouille avec des contrôles, des véhicules mal garés, la présence sur un incendie pour sécuriser la zone et appeler les pompiers ou l'accueil au commissariat, il y a un énorme potentiel de jeu qu'on doit réexploiter au lieu de simplement attendre une "action".

Pour revenir sur ce que tu disais Claude concernant les consignes hiérarchiques et les « positions stratégiques », en tant que Commandant, j'essaie personnellement d'être le plus clair possible sur le terrain. Quand je reconnais un joueur que je vois souvent et dont je connais bien les capacités, il m'arrive de le laisser prendre sa propre position stratégique tout en lui faisant part de l'objectif final parce que ça repose sur une relation de confiance. En revanche, dès que je vois un agent nouveau ou en difficulté, j'essaie vraiment de l'aider, de le driver, de lui donner une position précise et de lui expliquer exactement ce qu'il devrait faire.

Au niveau des plans et des tactiques, il ne faut pas oublier non plus que nous aussi, les Commandants, sommes soumis à la nouvelle map. Il nous faut donc un minimum de temps pour prendre nos marques, comprendre les accès et établir de bonnes stratégies sur les nouveaux bâtiments, ce qui passe forcément par des échecs ou des tâtonnements lors de nos premiers essais. Pour ma part, mon rôle en tant que Commandant est avant tout de faire kiffer les agents et non pas de gagner toutes mes interventions. Je préfère mille fois une action bien RP, drôle, amusante mais perdue, plutôt qu'une action stricte, sans aucun amusement et gagnée.

Sur le point des négociations soulevé par Claude, qui disait avoir l'impression qu'on envoie un négociateur comme "une simple formalité" sans que le reste ne soit prêt derrière, je tiens à rappeler que dans la logique des choses, en tout cas quand je suis en service, on établit toujours d'abord le périmètre et on fait le tour de la zone avant même d'entamer la moindre négociation. Les choses doivent être faites dans l'ordre pour que le plan soit solide dès le départ.

Pour ce qui est des formations, j'essaye de faire ma part du job et la preuve en est avec la Formation Réflexe que j'ai mise en place. Mais il ne faut pas oublier un truc essentiel, une formation, ça demande avant tout une implication de la part des agents eux-mêmes. Même si certains sont volontaires, et je trouve d'ailleurs que ce nombre reste bien trop faible, ça rejoint ce que disait Julien sur l'âge moyen des joueurs et le flux constant de nouveaux. Beaucoup viennent sur le serveur simplement pour se détendre après leur journée, sans forcément avoir l'envie de s'embêter avec une formation approfondie. Ça peut totalement se comprendre, mais du coup, ça limite forcément l'impact global.

De plus, les agents ne devraient vraiment pas hésiter à faire des critiques constructives ou des retours aux Commandants après les interventions. En tout cas en ce qui me concerne, je suis toujours content de recevoir une critique constructive ou le retour d'un agent sur une intervention, cela me permet d'apprendre, de m'améliorer et de revoir certains aspects de mon leading.

De mon côté, j'essaie de faire mon maximum pour aider les agents et gérer mon rôle au mieux. Je donne ce que je peux et je prends le temps que je peux. J'essaie également de créer un maximum de belle scène RP lorsque j'en ai l'occasion. Ces temps-ci, ma vie perso ne me permet pas de taper des services tous les jours, donc mon activité en jeu a pu diminuer, mais je fais au mieux avec le temps dont je dispose. En tout cas, sachez que je suis et serai toujours disponible pour n'importe quelle personne qui souhaite discuter, poser des questions sur la police ou chercher à s'améliorer.

Merci encore pour cette discussion et les éléments que vous avez pu apporter, ce genre de discussion ne peut faire que avancer la police dans le bon sens !

Cordialement,
Merci pour ta réponse, et je précise encore une fois que mon message n’avait vraiment pas vocation à viser personnellement les Commandants. Au contraire, je constate même assez souvent que lorsque des Commandants sont présents, beaucoup d’agents font davantage attention à leur comportement, à leur radio, à leur positionnement et au respect de la hiérarchie. Ça montre d’ailleurs à quel point le rôle du commandement peut avoir un impact positif sur la manière de jouer des policiers.

Là où je voudrais simplement nuancer un point, c’est sur l’idée que le camp adverse serait souvent uniquement dans “la gagne” ou la protection de ses biens, et qu’il deviendrait alors très difficile d’imposer une scène plus dialoguée. Je pense que c’est vrai dans un certain nombre de situations, notamment sur les grosses interventions armées. Mais je me demande aussi si ce comportement n’est pas en partie le résultat d’habitudes qui se sont installées avec le temps des deux côtés.

Si certains joueurs ont été régulièrement habitués à voir la police arriver rapidement avec des armes sorties, des sommations, une pression immédiate ou une intervention très directe, ils peuvent aussi finir par intégrer que l’interaction avec la police est forcément conflictuelle. À force, chacun anticipe la réaction de l’autre : la police s’attend à une résistance, les civils s’attendent à une sanction immédiate, et on arrive très vite dans une logique où plus personne ne prend vraiment le risque d’essayer autre chose.

Je le constate d’ailleurs très souvent sur des situations complètement banales. Il m’arrive d’arrêter quelqu’un sur le bord de la route simplement pour faire de la prévention, lui signaler une conduite dangereuse ou lui expliquer quelque chose, sans avoir forcément l’intention de verbaliser. Et très vite, certains joueurs partent directement sur : “allez, mets-moi l’amende”, “vas-y, emmène-moi au poste”, comme si le contrôle devait forcément se terminer par une sanction.

Pour moi, ça montre aussi qu’une partie des joueurs a été habituée à ce fonctionnement-là. Ils ne s’attendent même plus forcément à ce qu’un policier puisse simplement discuter, prévenir ou faire un rappel. Ils anticipent déjà l’amende ou l’arrestation avant même que la scène ait réellement commencé.

Et c’est justement pour ça que je pense que les habitudes de jeu peuvent évoluer dans les deux sens. Si la police réinstalle progressivement davantage de dialogue dans les petites interactions, les joueurs finiront peut-être aussi par comprendre qu’un contrôle ne signifie pas automatiquement sanction ou garde à vue.

Je ne dis évidemment pas qu’il faut négocier avec quelqu’un qui tire, ni laisser passer des infractions graves au nom du RP. Mais sur toutes les situations où le dialogue est possible, je pense qu’il y a vraiment quelque chose à reconstruire.

Ça rejoint ce qu’on disait sur le petit RP de patrouille : contrôles routiers, incendies, véhicules mal stationnés, accueil au commissariat, médiation, accidents, etc. Si les joueurs voient régulièrement des policiers créer des interactions intéressantes dans ces situations-là, peut-être qu’avec le temps ça peut aussi modifier la manière dont ils réagissent lors de situations plus tendues.

Sur les Commandants, je veux vraiment éviter tout malentendu : mon message ne cherchait pas à remettre en cause votre investissement ou à dire que vous faites mal votre rôle. Mon observation portait surtout sur ce que je vois concrètement sur le terrain en tant qu’agent. Et justement, je remarque souvent qu’en présence d’un Commandant, les policiers sont plus disciplinés, la radio est généralement plus propre et certains comportements que je vois quand il n’y a pas de hiérarchie présente disparaissent presque complètement.

Ça reste encore fragile, parce qu’il suffit parfois que le Commandant soit occupé ailleurs ou quitte le service pour que chacun recommence à fonctionner de son côté, mais pour moi ça montre surtout que l’encadrement fonctionne lorsqu’il est présent.

Et concernant la nouvelle map, je comprends parfaitement qu’il faille du temps aux Commandants pour prendre leurs marques. Je ne critique pas le fait qu’un plan puisse échouer ou qu’une stratégie soit imparfaite. Au contraire, l’échec peut parfaitement créer une bonne scène. Mon point concernait davantage la lisibilité des consignes : même avec un plan imparfait, si chacun sait ce qu’il doit faire et pourquoi, l’intervention paraît déjà beaucoup plus cohérente.

Pour finir, je trouve justement positif que cette discussion permette à chacun d’expliquer sa vision sans que cela devienne une attaque personnelle. De mon côté, je continue à penser que le problème est surtout culturel : il faut progressivement valoriser le dialogue, la coordination, le respect de la hiérarchie et la qualité des interactions autant que l’efficacité pure d’une intervention.

Et comme tu le dis toi-même, perdre une intervention qui a créé une bonne scène sera toujours plus intéressant que la gagner en deux minutes sans que personne n’ait réellement joué.
 
Il y a aussi un autre point qui me semble important et qui rejoint directement cette question de culture de jeu, ce que le métier récompense réellement en expérience.

Quand on regarde le rôle de policier, on nous demande explicitement de faire énormément de choses qui ne sont pas uniquement liées aux arrestations ou aux grosses interventions. On doit gérer la circulation pendant un incendie ou un accident, baliser une zone, sécuriser un périmètre, être présent à l’accueil du commissariat, surveiller les lieux, aider les autres services, garder le commissariat, faire de la prévention, accompagner des citoyens, etc.

Pourtant, sauf erreur de ma part, la majorité de ces actions ne rapportent pratiquement rien en expérience métier. À l’inverse, ce qui est beaucoup plus facilement “récompensé”, ce sont les amendes, les mises en prison, certaines neutralisations, les saisies ou les actions directement liées à une intervention.

Et forcément, même si ce n’est pas volontaire, ça peut orienter la manière de jouer. Un joueur peu motivé par le pur RP va naturellement se tourner vers ce qui lui fait progresser son métier. S’il gagne de l’expérience en mettant quelqu’un en prison mais rien du tout en passant dix minutes à gérer correctement la circulation autour d’un incendie, le système lui envoie indirectement le message que la deuxième action a moins de valeur.

Je pense donc qu’il pourrait être intéressant de réfléchir à une manière de récompenser aussi les tâches de service et de soutien, sans forcément tomber dans un système exploitable ou farmable.

Par exemple, on pourrait imaginer de petites récompenses d’expérience lorsqu’un policier :

  • balise correctement une zone d’incendie ou d’accident ;
  • tient un barrage ou un périmètre pendant un certain temps ;
  • participe à la sécurisation d’une intervention sans forcément tirer ou interpeller ;
  • prend une permanence à l’accueil du commissariat ;
  • accompagne un nouveau policier en patrouille ;
  • effectue une vraie action de prévention ;
  • aide à coordonner les pompiers, médecins ou dépanneurs ;
  • participe à une négociation ou à une médiation qui se termine sans violence.
L’idée ne serait pas de donner énormément d’expérience, ni de transformer ça en farm, mais simplement de faire en sorte que les comportements que le rôle est censé encourager soient eux aussi valorisés par le jeu.

Parce qu’aujourd’hui, on peut difficilement demander aux joueurs de privilégier les petites interactions, la prévention, la circulation, l’accueil ou la coordination si, dans le même temps, tout ce qui leur permet concrètement de progresser dans le métier se trouve surtout du côté des amendes, des arrestations et des interventions plus “rentables”.

Et je pense que ça pourrait justement aider les joueurs les moins spontanément attirés par le RP à tester autre chose. Même une petite récompense peut suffire à les pousser à faire une tâche qu’ils auraient sinon ignorée. Et avec le temps, certains peuvent finir par y prendre goût.

Pour moi, c’est là que le système de progression pourrait devenir un vrai outil pour encourager une autre manière de jouer la police, au lieu de simplement récompenser le résultat final d’une intervention.
 
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